Mon cousin aime le cinéma

Viscéralement.

A l’heure du goûter, il débarque. Dégoulinant de pluie. Il a pédalé jusque chez moi. Sa silhouette dégingandée s’affiche dans mon entrée. Il enlève ses chaussures pour ne pas salir mon tapis en peau de mouton tout neuf. Je fais chauffer l’eau, et on s’installe autour de nos tasses fumantes dans ma cuisine.

Quelles sont les nouvelles ? T’en est où professionnellement ?

De part et d’autre, c’est le FLOU. Aussi trouble que le nuage de lait que l’on verse dans nos thés.

Moi, parce que je fais des fouilles archéologiques pour savoir ce qui m’intéresserait de faire…et il y a beaucoup de matière.

Lui, parce qu’il écrit et réécrit des films, sans savoir QUAND il obtiendra les moyens de les tourner pour de vrai.

Ce cousin né dans les années 80 est touchant. S’il y a bien une image que j’associe au mot PERSEVERANCE, c’est son visage. Ca fait combien de temps qu’il s’acharne à raconter des histoires sur le papier, dans l’espoir qu’elles deviennent des films un jour ? 12 ans ! En 2003, il s’est choisi cette vie de bohème. Entre écriture et petits boulots alimentaires pour ne pas lâcher sa passion. Cet ex-ESCP a été bagagiste dans les grands hôtels (les pourboires mettent du beurre Bordier dans les épinards), vérificateur de tickets au Stade de France ou encore conférencier sur les bateaux mouches. Il n’a rien lâché.

En 12 ans, il a réalisé deux courts-métrages. « Blanche » avec Romane Bohringer, et « La nuit des gendarmes ». Aujourd’hui, il rêve de filmer en longueur…

Il s’est parfois découragé. Le regard perplexe de ses parents sur ce choix de vie, la fois où il a perdu son appart sa copine sa motivation… C’est à ce moment-là qu’il a fait un bilan de compétence. Il a rencontré pleins de gens qui travaillaient en entreprise, dans le secteur du cinéma. Il a vu leurs yeux parfois blasés, souvent frustrés de ne pas être des artistes…Alors il est retourné dans son studio. Et s’est remis au travail. Ne rien lâcher.

Franchement, j’adore, j’admire.

J’aime qu’il soit là au réveillon de Noël, quand les oncles et les tantes font un tour de table pour savoir si tout le monde réussit comme il faut.

Bravo Eric ! C’est beau ce que tu fais !

Et cette année, pour la dinde annuelle, je serai là avec toi. Aussi flou sur mes perspectives qu’un film en développement.

✗ Les films d’Eric : http://ericgdubellay.com/

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