Dis, tu gagnes combien?

C’est la question qui décoiffe, la question qui tue ton interlocuteur, celle qui fait perler des gouttes de sueur sur son front glabre… et bien sûr, c’est la question que je n’arrive JAMAIS vraiment à poser.

J’en besoin de savoir pourtant. Maintenant que j’ai établi mon budget minimum pour vivre, et que je suis consciente d’avoir un APPETIT loin d’être petit, petit…combien je peux gagner?

Ce sujet pécuniaire est en bonne place sur la liste des questions à aborder lors de mes entretiens réseaux.

SAUF QUE

Au moment de la poser, souvent je flanche

Je contourne : « et ton compagnon, il gagne bien sa vie? »

Je slalome : « et heu…ce choix de faire free-lance, ça a changé ton niveau de vie? », « hein!? »

Je godille : « ON sait combien ON facture ses prestations quand ON est freelance/community manager/photographe? »

A mes questions fermées/ constipées/ hésitantes, des réponses fermées/ gênées, méfiantes.

Je récolte des « oui », « pas vraiment », « ça dépend ». Ou encore, « tu peux aller voir sur Google, il y a des tarifs de prestations ».

Je ne suis pas plus avancée, et devant des interlocuteurs si peu enclins à me donner davantage de détails, mon décolleté ne tarde pas à me trahir. Des plaques rouges apparaissent, et remontent lentement la piste allant du plexus à mon cou. Je me tortille sur ma chaise, mal à l’aise. Un wagon de pensées parasites traversent mon cerveau.

« Non je ne peux pas lui demander COMBIEN exactement », « Elle va penser que je veux lui piquer des clients », « Il va croire que je vais me moquer de son niveau de salaire », « Elle aura peur de susciter ma jalousie »…

Je transpire de la lèvre supérieure. Pour chasser le nuage de tension, je passe TRES VITE à la question suivante. « Et sinon, qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton boulot? »

Ouf. Le visage de l’interrogé se détend, un sourire de soulagement éclaire ses yeux. Mes plaques rouges plient bagage. Je retrouve une couleur et un taux d’humidité normaux.

Mais je n’aurai pas de réponse à la question que je n’ai pas osé poser.

Combien tu gagnes en net? Combien tu factures tes clients ? COMBIEN?

Quelqu’un de très malin m’a suggéré une approche plus douce et enveloppante, à base de fourchette. Tenter la question : « c’est quoi la fourchette de tes revenus, en gros, sur un an? »

Prochain défi.

Et vous, êtes-vous à l’aise pour demander les salaires?

✗ Pour savoir qui gagne combien en France : http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=3

✗ Les gens ont-ils plus de difficulté à parler d’argent que de leur sexualité? Un début de réflexion ici : http://effet-a.com/kim-thomassin/question-taboue-combien-gagnes-tu/

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