Réinventer sa vie pro, une démarche d’innovation appliquée à soi-même !

Vous vous êtes déjà levés un matin, pour aller au boulot à reculons, les pieds coulés dans le plomb ? Avec la tête qui dit « allez, faut y aller », et le corps qui dit NON ?

C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques années. La crise de la quarantaine, la crise de sens, l’envie d’autre chose de vraiment différent. Alors, prenant mon courage à deux mains, j’ai quitté mon travail dans l’audiovisuel et me suis mise en quête d’une vie professionnelle taillée à mes mesures. De la haute-couture.

Sauf que…

Comment s’y prend-t-on pour ne pas retomber dans les ornières de ce que l’on sait faire ? Comment fait-on pour se réinventer complètement professionnellement ?

C’est une coach professionnelle ( de talent), qui a le mieux résumé ma démarche. Elle m’a dit : « votre recherche, c’est comme un processus d’innovation appliqué à vous-même ».

Et de fait, j’ai expérimenté les 5 grandes étapes d’une démarche de créativité : clarifier le besoin, diverger et amasser le maximum d’idées sans se censurer, converger et sélectionner quelques pistes, prototyper et tester pour affiner le projet. Puis se mettre sur le marché !

Oui, le Creative Problem Solving (CPS) de Parnes et Osborn, ou le Design Thinking développé par l’Université de Stanford, peuvent s’appliquer à la reconversion professionnelle.

1▪ Clarifier le besoin

« Chercher le job de ses rêves », c’est un projet sympa. Mais un peu vaste. Alors, concrètement, comment on s’y prend ?

Je commence par un exercice qui s’appelle « mindmap ». Un mot savant pour dire « faire des collages ». Le sujet : « comment voyez-vous votre transition professionnelle ? ». Il s’agit de prendre 8-10 magazines, d’arracher toutes les images qui évoquent le thème sur lequel on a choisi de plancher (pour moi, la transition). Une feuille A4, quelques coups de ciseaux, des points de colle et… tadaaaa. C’est magique, ça laisse avec un concentré en images de ce qui agite le cerveau :

Aucun texte alternatif pour cette image

Alors, tu le vois au loin mon travail de demain ? Il y a une montre, pour me donner le temps de chercher et planter des graines. De l’écriture, des rencontres, l’engagement dans une cause (toujours le poing levé), un micro et un téléphone pour la communication.

C’est un premier pas, mais ça ne suffit pas.

Donc j’enchaîne sur un deuxième exercice : décrire ma journée idéale. (Avec du travail dedans!).

A quelle heure je me lève ? Est-ce que j’emmène les enfants à l’école ? Je travaille seule ou en équipe ? J’écris, ou je suis en déplacement ? …

Pour ma part, j’ai dégagé 3 ingrédients importants : des horaires flexibles, une activité qui touche au culturel, et beaucoup d’écriture.

C’est à partir de ces ingrédients que je vais chercher à rencontrer tout un tas de gens, pour les faire parler de leur métier.

Première étape réussie : clarifier le besoin pour formuler l’objectif de la recherche d’idées.

2▪ Diverger

Diverger en créativité, c’est produire le maximum d’idées pour espérer trouver des pistes intéressantes et nouvelles. Censure interdite, quantité d’abord, et farfelu souhaité.

Pour diverger, j’ai bien divergé.

Je rencontre… une professeure des écoles (à mi-temps), un photographe professionnel, une directrice d’office de tourisme, une ergonome, une aromathérapeute, un consultant informatique, une experte en créativité et même… un chasseur de fantômes.

Pendant cette phase, j’ai souvent été percutée par le doute : « est-ce que je ne vais pas trop loin ? J’aurais pas intérêt à revenir à ce que je sais faire, plutôt que de me perdre dans la pampa ? C’est n’importe quoi » Mais heureusement, j’ai été encouragée à ne pas resserrer trop vite, à poursuivre l’exploration pour atteindre l’innovation.

Une trentaine de rencontres plus tard, j’ai des désirs pleins la tête. Et une envie de tout faire. Mais bon… comme je n’ai pas (encore) réussi à me cloner, il va falloir que je choisisse un certain nombre de pistes.

3▪ Converger

Il est venu le temps de la convergence. Le temps de la logique : analyse, critères, sélection, hiérarchisation et choix. Pour retenir 2-3 pistes professionnelles, à tester.

Là, j’avoue, j’ai eu du mal. Mon entourage, qui commence à avoir des tics nerveux aux yeux devant mes hésitations, me lance. « BON. Qu’est-ce qu’il te faut pour décider ? » Moi : un livre. Sur comment on fait pour décider. Soupir désespéré de l’entourage.

Je choisis celui de Sabine Bataille : « bien décider, les trois déclics pour faire un choix ». Je retiens qu’il faut juste se mettre en attente. Et au bout d’un moment, c’est comme les fontaines à bascule, ça se remplit, ça se remplit et HOP. L’eau se déverse et on est prêt à y aller.

Sauf que chez moi, ça ne venait pas.

A ce stade, ma coach me regarde droit dans les yeux : maintenant, on va passer à la 3e étape: faut TESTER. Quitte à se planter. Quitte à entreprendre de toutes petites actions. Donc je liste quelques idées : développer un projet créatif (type documentaire ou livre), travailler pour un musée, facturer une première mission en freelance (même si je ne suis pas encore sûre de savoir quelle freelanceuse je suis!).

4▪ Prototyper et tester

Là, je découvre que quand on définit ses objectifs et qu’on les communique, les opportunités arrivent. Magique ? Non, ça veut juste dire qu’on est à l’écoute.

Un jour, je bois un verre avec des amis… et je croise un producteur télé qui a un projet : créer un MUSÉE autour du dessin-animé. Une de ses idées : « et si les héros du film Minuscule servaient à enseigner la biodiversité aux enfants ? ». J’adore et je lui propose mon aide.

Un autre soir (oui, c’est important de sortir le soir quand on veut changer de vie !), je vais voir un spectacle au titre alléchant : « la fonction de l’orgasme ». C’est drôle, c’est bien fait, et je me dis : « tiens, ça ferait un super DOCUMENTAIRE. Hop, j’écris 8 pages et les envoie à un producteur.

Premiers pas, premiers protos (comme on dit dans le jargon). L’objectif ici, dans un processus d’innovation, c’est de générer des prototypes faciles et rapides pour les tester et les faire évoluer de manière itérative.

Il s’agit maintenant d’affiner mes pistes : « 100 fois sur le métier, remettez votre ouvrage », disaient les anciens. Je retravaille donc ma copie en la passant dans de nouveaux tamis : combien je veux gagner par mois ? quelles sont les valeurs fondamentales qui feront que je trouverai du sens dans ce que je fais ? Comment trouver de nouveaux réseaux pour travailler seule, mais ensemble ?

Un exercice de fourchette budgétaire, une batterie de tests de personnalité façon rat de laboratoire, une couveuse d’entreprise et une formation à l’Institut des Futurs Souhaitables plus tard… me voilà donc : consultante freelance en innovation.

5▪ Mise sur le marché

Aujourd’hui, ça fait 10 mois que je pratique ce nouveau métier en indépendante.

J’y trouve ce que je suis venue chercher au départ (souvenez-vous : le collage ✂) : une NOUVELLE MANIÈRE de travailler. Celle qui prend en compte mes besoins, que je peux encore synthétiser en 3 mots : créativité, sens, bienveillance. Si j’ai les 3, je suis bien.

Et si je n’ai pas les 3 ? Je peux travailler sur plusieurs missions en parallèle. Je délaisse un peu de créativité s’il y a du sens : animer des formations sur la gestion du temps auprès de jeunes entrepreneurs, ou faire une étude sur le gaspillage alimentaire. Ou je mets le paquet sur la créativité : concevoir un atelier innovation sur la Ferme du Futur ou imaginer de nouveaux outils pédagogiques à base de hip hop.

Ce que j’ai appris en m’appliquant à moi-même une démarche d’innovation, c’est qu’il faut faire confiance au processus. C’est sûr que ça demande du temps, qu’il faut accepter les moments de solitude, se protéger de la pression extérieure… que parfois, voire souvent, on a l’impression d’avancer à reculons, dans le brouillard.

Mais quoi qu’il arrive, la quête est fertile.

Voilà ce que je souhaitais vous transmettre après 2 ans de recherche appliquée… et 108 articles de blog : www.2ansdevantmoi.com. Vous pouvez retrouver en ligne toutes les démarches concrètes que j’ai entreprises pour trouver le job de mes rêves. Avec de la rigolade dedans.

Et vous, auriez-vous envie de vous appliquer ce process d’innovation ?

Fun fact : selon les espèces, une chrysalide met entre 15 jours et 2 ans à se transformer en papillon. A vous de voir combien de temps prendra VOTRE transformation.

Aucun texte alternatif pour cette image

Vous pouvez retrouver ce brillant ✨article de synthèse sur ma page Linkedin (si vous voulez l’aimer, le relire, le partager, l’encadrer dans un écrin doré…)

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

2 Comments

  1. Coralie
    24 mars 2020
    Reply

    Bonjour vous !
    J’ai mis en favoris votre blog il y a quelques années, fin 2016-2017. D’une étrange manière, j’ai fouillé mes favoris sans vraiment savoir ce que je cherchais. Interpelée par un intitulé, je clique sur le lien. Me voilà ici… à nouveau!
    Depuis quelques années, je tente de construire une vision inspirante de la vie, de trouver mon futur travail. Celui qui ne me donnerait plus envie de dormir tellement mes journées s’apparenteraient à un rêve éveillé. Dans cette quête, je me suis questionnée sur ce qu’est le destin, le hasard, l’astrologie… Je n’ai pas de réponses précises, juste des expériences… cependant aujourd’hui… le hasard me fait un clin d’oeil (quel coquin celui là !).
    Oui, un clin d’oeil puisque je me forme actuellement à l’UX Design. Dans l’un de mes modules, le thème abordé est : « Le Design Thinking ». Ce qui est drôle c’est que vous êtes justement co fondatrice de l’IDT. Alors, hasard ?! Oui et non. Ce qui est sûr, c’est que je garde votre blog en tête. Je vous remercie pour tous ces articles. Dans ma map intergalactique, vous avez brillé si fort que j’en suis arrivée ici. Après tout, nous sommes fait de poussières d’étoiles alors brillons aussi fort que possible et qui sait… Peut être serons nous l’étoile filante de quelqu’un. Celle qui éclaire, donne la verve et l’énergie de croire en nos plus profonds désirs.
    Au plaisir de vous lire à nouveau,
    Coralie

    • madoremifa
      27 mars 2020
      Reply

      Bonjour vous !;-)
      Quel beau message, merci BEAUCOUP. Ça me touche énormément, surtout en ces temps de confinement, j’ai l’émotion encore plus facile. Et puis, j’ai toujours rêvé d’être l’étoile filante de quelqu’un ;). C’est chose faite et c’est grâce à vous : je peux cocher cette ligne sur ma Bucket life list. C’est rigolo la coïncidence Design thinking, je suis justement en train de terminer le livre « Design de vie » de Bill Burnett et Dave Evans = utiliser la pensée design pour dessiner le job de ses rêves… et la boucle est bouclée.
      Merci encore pour ces jolis mots que je garderai.

      Et si vous en avez envie, j’ai lancé un nuage de mots spécial confinement !

      [CO-CREATION] je vous propose de contribuer à un nuage de mots sur les occasions que ce confinement créent pour chacun ☁️🌥️⛅🌤️
      Et c’est l’occasion (justement) de découvrir l’outil collaboratif en ligne 📣 Klaxoon 📣

      La question❓
      « Pour moi le confinement, c’est l’occasion de … ? »
      (en UN mot ou si c’est une expression METTEZ-DES-TIRETS-ENTRE-LES-MOTS 😉

      Pour contribuer, cliquez ici 👉👉👉 Nuage de mots

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.